Qu'est-ce qu'une estampe japonaise ?
Une estampe japonaise est une gravure sur bois. L'artiste ne l'imprimait pas lui-même : il fournissait un dessin, un graveur taillait une planche de cerisier par couleur, et un imprimeur appliquait les encres à la main, feuille par feuille, en frottant le dos du papier avec un tampon de fibres appelé baren. Une estampe en dix couleurs demandait dix planches et dix passages, chacun à caler exactement sur le précédent. C'est la raison pour laquelle deux exemplaires d'une même estampe ne sont jamais rigoureusement identiques.
Ukiyo-e et shin-hanga : deux moments
Ukiyo-e signifie « images du monde flottant ». C'est le grand courant populaire de l'époque d'Edo, du XVIIe au XIXe siècle : acteurs de kabuki, courtisanes, paysages, scènes de voyage. Ces feuilles n'étaient pas des œuvres d'art au sens où on l'entend aujourd'hui — elles se vendaient pour le prix d'un bol de nouilles, et c'est en emballage de porcelaine qu'une partie d'entre elles est arrivée en Europe.
Shin-hanga, « les nouvelles estampes », désigne le mouvement du début du XXe siècle qui a relancé la gravure sur bois après que la photographie l'eut presque tuée. Les couleurs sont plus douces, les sujets plus calmes, et ces images étaient produites presque exclusivement pour les collectionneurs occidentaux — au point que certains artistes, comme Ohara Koson, étaient célèbres en Amérique et inconnus au Japon.
Estampe, affiche ou tableau japonais ?
Les trois mots désignent des objets différents. Une estampe est une gravure imprimée à partir de blocs de bois. Une affiche est une reproduction imprimée sur papier, comme celles que nous proposons ici. Un tableau japonais, au sens strict, est une peinture — souvent sur soie ou sur papier, montée en rouleau. Nous reproduisons les trois, mais toujours en tirage papier, et toujours en le disant.
Les artistes de cette collection
Utagawa Hiroshige (1797–1858) est le maître du paysage ukiyo-e. Ses Cent vues célèbres d'Edo, gravées dans les dernières années de sa vie, ont tant marqué Van Gogh qu'il en a copié deux à l'huile.
Ohara Koson (1877–1945) n'a presque jamais gravé autre chose que des animaux et des fleurs — le genre s'appelle kachō-e. Il a changé trois fois de nom d'artiste, ce qui explique qu'on le trouve aussi sous Hōson et Shōson.
Utagawa Kuniyoshi (1797–1861), né la même année qu'Hiroshige, s'est fait un nom avec ses guerriers et ses créatures fantastiques. Grand amoureux des chats, il en a glissé dans nombre de ses estampes.
Takahashi Shōtei (1871–1945), qui a aussi signé Hiroaki, est l'un des tout premiers artistes du shin-hanga : il travaille dès 1907 pour l'éditeur Watanabe Shōzaburō. Une grande partie des planches de l'éditeur a brûlé lors du séisme de 1923.
Choisir son format
Trois tailles : 30 × 40 cm pour un couloir, un bureau ou un mur de cadres ; 50 × 70 cm, le format le plus polyvalent, qui tient seul au-dessus d'un meuble ; 70 × 100 cm quand l'œuvre doit être le sujet de la pièce. Les estampes verticales et horizontales existent toutes les deux dans cette collection : le format suit l'orientation de l'œuvre, jamais l'inverse, parce que nous ne recadrons pas.
Encadrer
Chaque tirage est proposé seul ou encadré, en noir, en bois naturel, en bois foncé ou en blanc. Le cadre noir est le choix le plus sûr sur une estampe ancienne : il referme l'image sans lui disputer l'attention. Le bois naturel réchauffe les tirages aux dominantes ocre et beige, le bois foncé donne un air plus classique aux estampes riches en bleus et en noirs. Le blanc convient aux fonds très clairs, où un cadre sombre ferait une découpe trop dure.
L'impression
Papier 200 g certifié FSC, finition mate, impression fine art douze couleurs. Chaque tirage est produit à la commande et expédié depuis l'Europe.